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Tourisme : BRIXTON, le Londres Afro

par : G.O-S , dans Psycho & Société » Société
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BRIXTON : le Londres afro

Loin de Buchkingham Palace, à des années lumières de St James Square, le quartier afro caribéen de Londres est parvenu, après bien des luttes, à trouver son identité propre.

Situé au sud de Londres, le quartier de Brixton est une ville à lui tout seul. Non pas par son étendue (il ne réunit que quelques rues), mais par l’ambiance unique qui s’en dégage.

Le quartier est né au début du dix-neuvième, même si des traces d’habitations remontent jusqu’à l’époque romaine !

Dans les années 1810 c’est majoritairement la « middle class » qui y vit, se faisant bâtir de grandes demeures. Mais rapidement cette population aisée remonte vers le nord et s’installe au c ?ur de Londres. Elle sera remplacée par la classe ouvrière, pauvre et exploitée. Les grandes maisons du début du siècle se transformeront alors en appartements.

L’arrivée, dans les années 1940-1950, de nombreux immigrants venant des Caraïbes changera définitivement la physionomie de Brixton pour lui donner la chaleur, l’énergie qu’on lui connaît aujourd’hui.

La population afro caribéenne est toujours largement majoritaire dans le quartier. Les jamaïcains sont les plus nombreux, représentant à eux seuls plus de 80% de la population.

Ignorée par le reste des londoniens, Brixton s’est rappelé violemment à leur bon souvenir en 1981. Entre les 10 et 12 avril, le quartier afro caribéen devient le lieu de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les habitants, qui vivent pour la plupart dans des conditions déplorables. C’est l’arrestation d’un jeune par la police qui mettra le feu au poudre. Des dizaines de bâtiments incendiés, des centaines de policiers blessés... Conséquence d’un raz le bol général des habitants, quotidiennement brimés par la police, les émeutes de Brixton sont encore aujourd’hui dans toutes les mémoires. Elles ont même inspiré une chanson aux Clash, Brixton Riots (les émeutes de Brixton).

Brixton jouit depuis d’une terrible réputation, justifiée, il est vrai, par les trafics de drogue et les attaques à mains armées qui s’y déroulent presque quotidiennement. Les Yardies, nom donné aux jeunes immigrés jamaïcains, contrôlent le marché de l’herbe, de la coke et du crack. Mais, comme le souligne Pete, installé à Brixton depuis une dizaine d’années « Si tu ne vas pas leur chercher des problèmes, ils te laissent tranquilles. Par contre si tu traînes trop autour d’eux, ou que tu prends des photos, là, t’es mal barré... »

Mais Brixton a aussi, surtout, un caractère artistique et culturel.

Longtemps considéré comme un quartier dangereux, il s’est retrouvé isolé du reste de la ville et à évoluer dans une sorte de huit clos. Mais avec la création, en 1991, du Cooltan Arts c’est un nouveau souffle qui est apparu. Tenant son nom de l’immeuble squatté, ancien siège de Cooltan Suntan Lotion Factory, sur Effra Road, le groupement d’artistes a redynamisé tout le quartier, redonnant l’espoir à une population qui connaît le plus fort taux de chômage : 2 habitants sur 3 sont sans emplois... Malgré des démélées quotidiennes avec la police, les artistes ont tenus bon, ouvrant un café, organisant des expositions et des manifestations culturelles. « Plus qu’un simple squat, c’était un lieu où tout le monde se retrouvait. Ca faisiat un lien entre nous. » se souvient Pete. « 

Lorsque, quelques années plus tard, le squat a fermé ses portes, les habitants ont eu l’impression de perdre un peu de leur âme, même si le groupe d’artistes continu, ailleurs, a participer au développement culturel du quartier.

Mais la fermeture de l’immeuble, et sa prochaine démolition, ne devait pas décourager les gens de Brixton ! Depuis le 30 septembre l’ancien immeuble de la société Co-Op est à son tour occupé par des artistes. Avec ce squat Brixton renoue avec une tradition ancienne, qui fait partie à part entière de l’histoire et de la vie du quartier. C’est un art engagé, politique par certains aspects, qui s’expose sur Coldharbour Lane. Après plusieurs démêlés judiciaires, les membres du squat sont parvenus à un accord avec le propriétaire et les forces de l’ordre, ce qui laisse ésperer que ce n’est que le début d’une de ces belles histoires dont Brixton a le secret.




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