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Psycho & Société
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Portrait de Portia Simpson-Miller, première femme dirigeante en Jamaïque

par :

Patricia Turnier

pturnier@hotmail.com

, dans Psycho & Société » Société
Cette semaine, Patricia Turnier nous propose de découvrir le portrait de cette femme illustre, première femme à la tête de la Jamaïque et première noire premier Ministre en Amérique au XXIème siècle.
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Biographie et carrière politique

Madame Portia Simpson-Miller est née en Jamaïque (troisième île des Antilles en superficie) plus précisément à Wood Hall, paroisse de Sainte-Catherine le 12 décembre 1945. Provenant de la classe ouvrière, elle a épousé en 1998 Errald Miller, homme d’affaires et ancien directeur exécutif de la Cie de câbles et de télécommunications sans fil de Jamaïque.

La carrière remarquable de madame Miller a débuté dans la sphère politique depuis 1970. Le New York Times a relaté qu’à l’époque cette femme souhaitait mettre sur pied un projet de réhabilitation urbaine et faisait déjà preuve d’un grand stoïcisme. Madame Miller, femme politique a été désignée membre du parlement jamaïcain pour la première fois en 1976. Elle représentait ainsi le Sud-ouest de la paroisse de Saint Andrew. Depuis 1978, elle fut vice-présidente du PNP (parti national du peuple jamaïcain) . De 1993 à 1995, elle a occupé la fonction de ministre du travail et du bien-être, ensuite ministre du travail, de la sécurité sociale et des sports de 1995 à février 2000. Par la suite, elle a été nommée ministre du tourisme et des sports de février 2000 à octobre 2002. D’octobre 2002 au 30 mars 2006, elle a occupé la fonction de la gouvernance locale et des sports.

Madame Portia Simpson-Miller a été élue Premier Ministre de la Jamaïque le 30 mars 2006 et elle est devenue le septième premier ministre jamaïcain. Elle fut également le leader du PNP en remplaçant Peter Philipps et elle a succédé à P.J. Patterson (au pouvoir depuis 14 ans). Elle est devenue la troisième femme chef d’état dans les Antilles anglophones et l’Amérique du Sud anglophone, c’est-à-dire suite à Eugenia Charles de la Dominique et Janet Jagan de la Guyana élues à la fin du XXe siècle. Il importe d’ajouter que madame Miller est la première femme noire du XXIème siècle à avoir dirigé un pays en Amérique. Le prestigieux magazine Forbes a classé en 2007 madame Miller en 81e position parmi les femmes les plus puissantes au monde. Lors de l’inauguration, madame Miller a prononcé les mots suivants :

« Aujourd’hui est un jour historique (...). Une femme des quartiers ruraux de Sainte Catherine est devenue le Premier Ministre de la Jamaïque, la réalisation du rêve jamaïcain ».

Le Premier ministre a brisé la tradition en faisant une prière avant de prêter serment durant la cérémonie d’inauguration à Kings House, le siège du gouvernement à Kingston. Ainsi, il importait pour madame Miller de faire appel à l’intervention divine durant son élection et son mandat à exercer.

« Ma première promesse au peuple jamaïcain est de faire progresser les droits de l’Homme et les libertés individuelles. Chaque vie individuelle est sacrée. Aucune n’est plus importante que les autres, quelle que soit l’origine, la couleur de la peau ou le sexe. Nous sommes tous égaux devant Dieu » a-t-elle dit.

Le peuple appelle affectueusement madame Miller « Sista P. », « Momma » ou « Tante Portia » depuis le mois de mars 2006. Il importe d’ajouter que les femmes de la Jamaïque ont pleuré de joie au moment de l’inauguration de madame Miller.

Le mandat de madame Miller a pris fin le 11 septembre 2007 suite à l’échec de son parti aux législatives. Bruce Golding , homme d’affaires est le nouveau Premier ministre et président du Parti travailliste jamaïcain (Jamaican Labour Party (JLP )).

Ainsi, le Parti travailliste jamaïcain a obtenu 32 sièges à l’Assemblée contre 28 au PNP. Il s’agit du résultat le plus serré du pays depuis son indépendance en 1962 . Le 5 septembre, Portia Simpson Miller a accepté la défaite suite à son scepticisme. Ainsi, elle avait initialement refusé de concéder l’échec de son parti et avait prévenu qu’elle n’hésiterait pas à contester légalement une élection qu’elle considérait irrégulière. Le « recomptage » des voix a duré environ deux jours. Les observateurs étrangers présents sur place ont pour leur part estimé que le scrutin était juste. Le taux de participation a atteint 60% dans un contexte difficile. Après le passage dévastateur de l’ouragan Dean le 19 août dernier, la Jamaïque a été privée d’électricité et d’eau courante pendant huit jours. Le pays a été placé en état d’urgence jusqu’au 25 août 2007. Le pays est resté cependant calme le jour du scrutin mais la fin de la campagne électorale a été perturbée par des violences : au moins dix personnes ont trouvé la mort le dans l’île.

Madame Miller a finalement souhaité ses meilleurs vœux de réussite à son successeur, Bruce Golding. L’exercice du pouvoir de madame Miller n’a pas toujours été aisé car elle a dû faire face aux préjugés de classe (le Premier ministre étant d’origine modeste) et au sexisme. Toutefois, madame Miller a manifesté aucune rancœur ou amertume face à ses opposants. Cette attitude a su charmer le peuple. Les principales luttes de madame Miller durant son mandat consistaient à combattre la corruption, le chômage, les inégalités socio-économiques en d’autres mots la disparité entre les riches et les pauvres . Elle a donc incarné le rôle d’avocate des déshérités en visant le plein emploi pour tous les Jamaïcains. Elle a souligné en juin 2007 que la Jamaïque détient le plus faible taux de chômage depuis l’histoire récente du pays (indépendant depuis 1962) composé d’environ 2.7 millions d’habitants. Madame Miller a également précisé l’importance de l’économie informelle, le développement des micro, des petites et moyennes entreprises stables pouvant favoriser la création d’emplois décents. Dans cette perspective, le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz avait souligné à Washington le 14 juin 2006 l’engagement de madame Miller dans sa lutte contre l’indigence : « Je suis enchanté de rencontrer le premier ministre Portia Simpson Miller, première femme de l’histoire de la Jamaïque à accéder à la fonction de premier ministre (...) Nous saluons l’accent mis par le premier ministre sur des aspects tels que l’éducation, le développement des quartiers centraux déshérités ou encore la réduction du crime et de la violence, ainsi que le ferme engagement qu’elle a pris pour maintenir la stabilité macro-économique ». De cette façon, le président Paul Wolfowitz s’est engagé à continuer l’action menée par la Banque mondiale afin d’appuyer le développement de la Jamaïque et de combattre le paupérisme .

Ainsi, durant son mandat de 17 mois, Madame Miller a oeuvré activement pour le développement économique du pays et le changement de la société jamaïquaine tout en demeurant consciente des nombreux défis et obstacles à relever : les aspects négatifs de la mondialisation, les problèmes environnementaux (notamment le réchauffement de la planète), la hausse des prix du pétrole, etc. Le nom de madame Miller est maintenant inscrit à jamais dans les annales de l’histoire antillaise et de l’Amérique en étant la première femme à la tête de la Jamaïque .




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