L’affaire Dieudonné, la loi Taubira qui reconnaît en France l’esclavage comme crime contre l’humanité, la vente des documents de l’esclavage aux enchères ou encore la récente intervention de cette chère Calixte Beyala à la télévision, sont autant d’évènements qui aujourd’hui semblent motiver les noirs de France à se battre pour se faire davantage entendre et affirmer leur place dans la société occidentale de laquelle ils sont trop souvent rejetés. Sur internet, les esprits s’échauffent. Chacun décrit son indignation et sa volonté de voir les choses changer, de se faire accepter davantage et de se faire respecter. Mais la question qu’on peut aujourd’hui se poser c’est : Suffira-t-il de manifester dans les rues pour soutenir Dieudonné, d’exprimer son indignation dans les forums africains ou d’écrire des lettres ouvertes à Calixte Beyala pour nous faire avancer ? Je pense que non car les constructions les plus solides sont celles donc les bases sont le mieux implantées.
Les Noirs, l’Afrique , possèdent des richesses inestimables, bien plus que les occidentaux. Eh oui, car pour moi, la richesse n’est pas la capacité à proposer des produits de consommation les uns plus inutiles que les autres, de polluer davantage l’environnement, ou de tolérer les insanités qu’on ne se gène plus de présenter dans les médias. La richesse, ce sont les valeurs traditionnelles comme le respect de l’autre et de l’environnement, l’amour de soi-même et de son prochain, l’humilité et la fierté de ce que nous sommes. Mais où sont passées ces valeurs qui étaient si chères à nos anciens ? Quand on voit aujourd’hui l’image que nous donnons à l’extérieur, il y a de quoi pleurer. Comment voulons-nous nous faire accepter et reconnaître si nous sommes nous-même incapables de nous présenter autrement que sous nos aspects les plus sombres ? Si nous sommes incapables d’affirmer notre propre identité. La connaissons-nous seulement ? Aujourd’hui, on ne retient de l’Afrique que du négatif, que ce soit en Occident ou même chez nous. Nous excellons dans la prostitution en Europe, volontaire ou pas (voir l’enquête d’Amely-james Koh bela), nous sommes connus pour être des escrocs de grande renommée (tout le monde se rappelle de Donatien, le tristement célèbre feyman camerounais grâce à qui aujourd’hui ses compatriotes sont désormais persona non grata au Kenya), nous sommes renommés pour la corruption (le cas du Cameroun ou du Nigéria qui ont longtemps figuré dans le top 10 des pays les plus corrompus au monde), nous adoptons des styles vestimentaires et capillaires qui ne sont pas les nôtres, nous faisant paraître ridicules, nous avons honte de présenter notre culture dans la rue (notamment, les merveilleux tissus africains que les blanches nous envient ) mais pourtant nous n’avons pas honte de nous pavaner avec des pantalons " toison haute " pour ne pas dire " taille basse " et des hauts indécents que ce soit dans nos propres pays ou à l’étranger ; nous faisons la une des journaux dans les cas de proxénétisme ( la camerounaise récemment arrêtée à Lyon ou les nombreux réseaux africains démentelés à Paris) ; Dans nos propres magazines d’information, la une est toujours en majorité consacrée à ce qu’il y a de plus mauvais chez nous....
Que pensez vous que l’on retienne de tout cela ? Que voulez-vous qu’on retienne d’autre que ce que nous montrons et qui est loin d’être en notre faveur ? Quel respect pouvons-nous attendre de la part des autres si nous ne nous respectons pas nous-mêmes ?
Beaucoup soutiennent Dieudonné, à raison. Il a au moins le mérite d’avoir rassemblé du monde pour une cause et d’avoir fait prendre conscience au grand nombre , dans la société actuelle, qu’on pouvait mener une quête identitaire. Mais pour être honnête, pensez-vous qu’on ait vraiment besoin de se comparer à un autre peuple pour nous affirmer ? Il est vrai que dans les médias, il est très souvent fait état de la souffrance des juifs, des camps de concentration...Des commémorations sont organisées chaque année, des gens témoignent sans relâche de la souffrance subie, encore aujourd’hui, pour que personne n’oublie. Alors, on se demande pourquoi il n’en est pas de même pour la traite négrière ? Pourquoi on n’en parle pas autant que de la déportation des juifs ? Mais pourquoi en vouloir aux juifs ? Contrairement à nous, africains, ils ont su s’unifier pour un même combat. Il est rarement question entre eux de concurrence ou de haine au sein de leur communauté. Ils ont su ?uvrer de manière à se faire reconnaître du monde entier. Ils sont farouchement restés ancrés à leurs traditions (ex : Il est très difficile pour un juif ou une juive d’épouser quelqu’un d’une autre confession, comme vous devez le savoir). Ils ont su se donner les moyens, dans l’unité, d’arriver au sommet. Aujourd’hui, beaucoup d’ hommes et de femmes les plus riches de la planète sont juifs ou des descendants.
En Afrique, c’est malheureusement la règle du chacun pour soi. Si on peut écraser son voisin pour avoir une miette de pain en plus que lui, on le fait sans vergogne. En Afrique, c’est la loi de la facilité. Si on peut trouver un blanc sur internet , même s’il nous fait prostituer, plutôt que de prospecter encore et encore pour un job, poursuivre ses études ou créer son propre emploi, on n’hésite pas. En Afrique, c’est la loi du " paraître ". Si on peut avoir la paire de chaussure la plus chère ou le câble dans une maison sans toiture, pour avoir mieux que le voisin, on n’hésite pas. En Afrique, c’est la loi du béni oui-oui. On se plaint sans cesse d’un gouvernement mais on ne fait rien de manière concrète pour faire changer le choses. C’est la règle du " On va faire comment ? ". En Afrique, nous sommes des suiveurs. En occident, la tendance est à l’homosexualité et à la pédophilie, alors, on va la développer chez nous. En Europe, la tendance est à la quasi nudité vestimentaire dans les rues et aux perruques blondes , alors on va faire pareil, même sur nos peaux noires ébène.Le ridicule ne tue pas n’est ce pas ? Nous ne savons pas tirer parti du meilleur de nos voisins, on en prend le pire et on le fait entrer chez nous, comme si nous n’avions pas déjà assez de problèmes. Pourtant, des intellectuels, il y en a. Des gens qui ont positivement su tirer parti de ce que les pays occidentaux leur offraient et qui veulent voir les choses changer et revenir construire leur pays, développer les mentalités dans le bon sens, il y en a . Mais le découragement s’installe vite quand on se rend compte de l’ampleur de la tâche, du nombre de mentalités à changer et surtout quand on se rend compte qu’on est seuls et que les personnes engagées, non corrompus et de confiance sont malheureusement rares.