Dieudonné, le célébre humoriste, a eu gain de cause dans l’affaire qui l’opposait à Marc Olivier Fogiel et France Télévision, suite à un SMS reçu par le présentateur lors de l’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » le 1er décembre 2003. « Dieudo, ça te ferait rire si on faisait des sketches sur les odeurs des Blacks ? Té tellement bête que ça me choque même plus. » Le contenu du SMS, diffusé en direct par Marc Olivier Fogiel, a été perçu comme une injure à caractère racial par Dieudonné. D’abord déposée en début 2004, la plainte fût classée sans suite par le procureur. C’est au tribunal correctionnel de Montpellier que l’on doit une condamnation exemplaire : 5000 ? d’amende pour Marc Olivier Fogiel, 4000 ? pour Marc Tessier, président du groupe France Télévision à l’époque, 2000 ? pour le journaliste Laurent Bon, ainsi que 1000 ? pour Alexandre Gamelin, assistant de production.
L’artiste franco-camerounais, présent sur le plateau le jour de l’émission, était déguisé en « extrémiste juif » et exhortait les jeunes à la révolte : « J’encourage les jeunes gens qui nous regardent aujourd’hui dans les cités, pour leur dire : convertissez-vous comme moi, essayez de vous ressaisir, rejoignez l’axe du bien, l’axe américano-sioniste ». C’est au cours d’une explication avec le présentateur, que le SMS le plus médiatisé fût reçu et diffusé. A l’origine, un assistant de production, Alexandre Gamelin, qui a rédigé son contenu suivant les ordre de Laurent Bon, son supérieur hiérarchique.
Pour sa défense Marc Olivier Fogiel indique que le SMS n’était qu’un condensé de SMS réellement envoyés par des téléspectateurs le jour de l’émission. Ce dernier fait appel du jugement, et accuse Dieudonné d’un coup médiatique, qui non satisfait de la décision du tribunal, demande à France 3 une sentence beaucoup plus lourde : le renvoi de la chaîne du présentateur et producteur. "La vérité éclate aujourd’hui après toutes les relaxes dont j’ai fait l’objet et cette condamnation. Nous attendons maintenant des sanctions exemplaires de France 3 contre Fogiel", a indiqué Dieudonné à l’AFP.
Plusieurs fois poursuivi pour propos anti-sémites, à chaque fois relaxé, Dieudonné bénéficie d’un soutien inconditionnel. C’est dans ce sens qu’une poignée de sympathisants de l’humoriste investit le plateau de l’émission le dimanche 9 octobre 2005, interrompant la diffusion, pour réclamer le renvoi de Marc Olivier Fogiel. « Comment se fait-il qu’on finance ce genre d’émission avec de l’argent public alors que cet homme est condamné ? », s’interroge Dieudonné. Alors que Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, condamne cet acte : « dans une radio, dans une télévision, une salle de rédaction, sont les temples de la liberté d’expression. Tous ceux qui portent atteinte à la liberté d’expression, tous ceux qui exercent des pressions, desservent [leurs propres] causes ». Ainsi que le porte parole du Parti Socialiste, Julien Dray : « Ces méthodes brutales sont la preuve que Dieudonné est tout sauf une victime, et qu’il ne poursuit qu’un but : se livrer à une entreprise de déstabilisation ».
Manipulation, coup médiatique, affaire personnelle, ou réelle volonté de rassembler contre toute forme de racisme ? Dieudonné explique : « Dès qu’il s’agit d’un acte antisémite, vrai ou supposé comme dans l’affaire du RER D avec cette mère de famille qui avait prétendu avoir été agressée, on a vu un bouclier médiatique et politique se mettre en place. Or, quand il est question d’une décision avérée de justice en faveur d’un Noir, rien ne se produit, relève Dieudonné. Y aurait-il un racisme supérieur à un autre ? »