Il est bien beau de vouloir manifester pour faire en sorte que les autres nous perçoivent autrement. Mais ne faudrait-il déjà pas ?uvrer de manière à nous comporter et à nous présenter autrement ? Donner une meilleure image de nous ? Dans tous les pays du monde, il y a des problèmes, des situations dont on a honte. Mais les pays dits développés savent les cacher pour permettre aux étrangers de voir davantage les qualités que leur pays présente. Ce sont ces qualités présentées qui nous incitent à aller chez eux, à rêver d’une vie dans leurs pays à eux. Ils mettent en avant leur culture (la cuisine française qui reste une référence planétaire ; la culture américaine qui, bien que critiquable, reste pour beaucoup de jeunes une référence...et bien d’autres.). Les médias pourraient commencer par présenter davantage nos richesses que nos faiblesses, même s’ils se doivent de tirer la sonnette d’alarme sur certains phénomènes de société. Il serait bien de trouver en page de une des sites camerounais ou autres, des enquêtes menées sur les richesses des différentes régions du pays de manière à inciter davantage des investisseurs potentiels à participer au développement du tourisme, par exemple. Les africaines pourraient commencer à avoir moins honte de leur culture. Car elles en ont honte !!! Sinon, que penser de ce sujet récemment proposé sur un forum afro qui voulait savoir si les africaines de la diaspora portaient leurs vêtements traditionnels dans la rue et auxquelles toutes ont répondu NON, par honte ou de peur d’être mal jugées ou catégorisées ? Et pourquoi donc le serions-nous si nous le faisons ? Nous voulons une identité mais nous la rejetons en même temps. Ne pensez-vous pas que si toutes les africaines de la diaspora n’hésitaient pas à se pavaner en boubous africains, nous inciterions même certainement la mode occidentale à l’adopter ? Ce serait un bon début pour nous. Le pas a déjà été fait dans le domaine de la décoration intérieure. D’après une émission d’une grande chaîne française, la tendance déco africaine est très recherchée par les clients dans les hôtels , les auberges et les chambres d’hôtes en occident. Par ailleurs, des créateurs comme Gauthier ou Galiano se sont largement inspirés de l’Afrique pour leurs dernières collections. Cet été, la mode occidentale surfe sur les couleurs chaudes de notre continent. Alors, pourquoi ne pas profiter de cette tendance et l’imposer massivement dans tous les domaines ? Comment croyez-vous que nous en soyons arrivés à adopter leur mode à eux ? Des personnes les ont portés en masse dans la rue et tout le monde à suivi . Pourquoi n’en serait-il pas de même pour nos tissus Afritude ? Quelle identité pouvons-nous espérer retrouver si nous ne pouvons même pas mener des combats de base, si nous avons honte de notre propre culture ? Il ne s’agit en aucun cas de rejeter les cultures américaines ou occidentales que nous avons depuis longtemps adoptées, mais au moins d’essayer d’imposer la nôtre que d’ailleurs, beaucoup apprécient.
La seconde solution serait de commencer enfin à développer une conscience collective et une certaine unité. Tant que nous ne serons pas unis, tant que nous ne cesserons de nous marcher les uns sur les autres pour avoir toujours mieux que le voisin, jamais nous ne serons crédibles dans notre lutte. Alors, commençons par nous faire confiance et à mériter cette confiance. Commençons par dire du bien de nous-mêmes. Que croyez-vous que l’on pense quand nous, africaines, on se rend dans un salon de coiffure afro, qu’on demande à la coiffeuse béninoise s’il y a moyen de faire des rencontres amicales avec d’autres africaines et que celle-ci nous répond que " les africaines, en Europe, c’est une race à éviter le plus possible " ? Elle n’est d’ailleurs pas la seule à tenir ce discours, beaucoup le font. Beaucoup d’africaines refusent d’entrer en contact avec d’autres si elles n’ont pas le même niveau social ou d’éducation ou si elles n’ont pas la certitude qu’elles n’essaieront pas de lui " piquer son homme ". Voilà en quoi se résument nos mentalités aujourd’hui. Certaines s’y retrouveront, d’autres pas. Mais une chose est sûre, c’est bel et bien une réalité.
Enfin, les africains de la diaspora devraient être capables de s’organiser en associations qui auront d’autres buts que d’organiser des fêtes. En effet, nous sommes bien réputés pour être de grands mangeurs et de grands buveurs. Des ambianceurs quoi ! C’est bien beau de faire la fête mais il serait également intéressant de profiter de ces occasions pour davantage faire positivement connaître nos pays respectifs ou les associations d’aide sur place afin de recueillir des dons en leur faveur. Savez-vous qu’il existe encore des français qui ne savent même pas ce qu’est le Cameroun ? Pareil en Allemagne ou dans d’autres pays européens où nous sommes pourtant très nombreux. Pour beaucoup, nous venons du " pays " afrique. Dans les médias, il est encore souvent fait état de l’Afrique comme " pays ". Aberrant n’est ce pas ? Ce ne sera jamais aux autres de nous réhabiliter sur des plans comme ceux-là , mais à nous-mêmes.
Alors, profitons de chaque occasion pour montrer le meilleur de nous, de nos continents et de nos pays respectifs. Et peut-être alors, pourrons-nous espérer gagner en respect, en identité et en reconnaissance. Les grands combats, c’est bien. Je pense qu’aucune victoire ne sera jamais remportée si des bases identitaires et solidaires inébranlables ne sont pas posées. Elles commencent en nous-mêmes, dans nos foyers, avec nos voisins, le peuple et les différentes nations. C’est ce qui a mené le peuple juif à une reconnaissance mondiale. Alors, plutôt que de les envier ou les critiquer, prenons leur exemple.